Nothingness. Création 2020

Origine

« Nothingness» – néant en français – est un projet sur la fin et le recommencement, sur l’intervalle fragile entre un cycle qui fini et un cycle qui commence, ce moment intermédiaire où convergent l’énergie destructrice et créatrice que nous portons en nous.
Commencer un projet artistique, un projet de vie, un projet quel qu’il soit, partir de zéro. Recommencer après une perte, une rupture, un échec, c’est quelque part partir du rien et aller vers une nouvelle forme, parfois inimaginable au départ. Pour ce projet, je m’intéresse plus particulièrement à ce moment latent, inerte où tout est fini, et où rien n’est encore né. Cet entre-deux où s’entrecroisent le désespoir et élan créateur. Dans ce no-mans land, les extrêmes s’affrontent. D’un côté, la sensation du vide, l’incertitude, la perte de repères, la peur de l’inconnu. De l’autre côté, la résilience, la capacité d’adaptation, la joie de ré-exister différemment. J’associe métaphoriquement ce moment de fin et recommencement à la notion du néant, du passage de la non-existence à l’existence, de ce d’où l’on vient et vers où l’on retournera.

Les ruines / le vide
Dans mon dernier voyage au Venezuela, mon pays d’origine, j’ai eu l’occasion de constater les dégâts de la crise économique que traverse le pays actuellement. Ma ville de naissance est à moitié en ruines.
La rue commerçante principale est devenue un ensemble de façades qui tiennent à peine debout. Les fenêtres à vitres cassées laissent voir l’intérieur des bâtiments. Ils sont vides, plongés dans un noir profond. On respire la désolation tout au long de la rue, il n’y a plus rien. Uniquement la végétation s’aventure à conquérir ces espaces, créant une sensation de no man’s land.
Le vide est omniprésent, invisible mais imposant, rempli de poussière, de particules, d’empreintes. Quelle forme de vie pourrait naitre de cette dévastation ? Comment réagir face à la sensation d’impuissance, d’incompréhension ?
A une échèle intime et universelle, une suite de pages blanches s’impose régulièrement, une nouvelle forme née d’entre les débris et on se réajuste, on retrouve l’équilibre, on reconstruit.

 

Concept: Maria Eugenia Lopez. Danseurs : Shantala Pèpe, Rob Hayden. Musique : Guillaume Le Boisselier. Regard Extérieur : Pascale Gigon. Décor : Evelyne de Berh. Lumières : en recherche

Co-produit par Les Brigittines. Accompagné par le Grand Studio.